Mercredi 5 mai 2010
3
05
/05
/Mai
/2010
20:26
Ça va être une journée ordinaire. Une mauvaise journée. Réveil fixé à six heures, vêtements froissé posé sur une
chaise, sac de cours en vrac dans un coin de ma chambre.
«-Que seize ans et déjà métro, boulot, dodo» pensai-je à haute voix.
Je m'allonge sur mon lit, éteint la lumière, me cache sous ma couverture et attend. J'attends que demain daigne
venir, ou que le sommeil me conduise à lui de force. Je ferme les yeux et le manège commence: encore une fois, je m'arrête de réfléchir, je ne veux pas que ma raison me suive dans ce monde.
Le monde de la folie. Mon monde en l'occurrence. Je dramatise sûrement mais, depuis quand n'ai je pas fait un rêve ''normal''? Deux ans? Trois ans? Jamais? Je recommence à sombrer dans un océan
de souvenir: succession de cauchemar, de vision d'horreur, de terreur à l'état pur. Du moins, c'est ce que ça devrait être: rêvé de ce faire décapiter sans ressentir la moindre peur, est-ce
normal? J'ai déjà consulté des psychologues, et tous ont donner la même réponse à mes parents:
«-Les cauchemars de votre enfant sont du à sa philosophie particulière de la vie: ses idées, ses centres
d'intérêt et ses amis, toutes ces choses mélangé, ont façonner sont étrange personnalité: et ses cauchemars en font intégralement partis»
Je suis anormal. J'estime qu'en clair, c'est ce que cette longue phrase veut dire. En même temps, je n'est jamais
voulu être comme les autres: être bizarre, ça m'arrange bien. Soudain, le manège s'arrête, je suis arriver. J'ouvre les yeux et observe ce lieu si familier pour moi.
Le centre du néant. Avec, pour seul décors, une porte. Une simple porte assez banale, si ce n'est que ses gonds
flottaient dans le vide, et que sa poignée ,cette même poignée que je tournaient chaque soir, était noire. Je pose la main sur la poignée, unique moyen d'accéder à mon univers sanglant. J'ai déjà
pensé à ne rien faire, resté ici, dans cette salle noire, en attendant que mon réveil ne me sorte de cet état de torpeur. Mais il y a la voix. Une magnifique voix, mielleuse, onctueuse,
délicieuse: menteuse.
«-Ouvre la porte, rejoint moi, n'en a tu pas envie? Allez, tourne la poignée: le bonheur infini
t'attend»
Et comme un foutu idiot je l'écoute, je le sais pourtant! Elle ment! Je sais que je ne peux pas la rejoindre!
JE SAIS QUE CETTE PUTAIN DE PORTE NE S'OUVRE PAS! JE SAIS QUE C'EST UN PIÈGE, ET QU'EN TOURNANT LA POIGNÉE JE LEUR PERMET JUSTE D'ENTRER! ET
MERDE! Je tourne la poignée: la porte s'efface, me laissant seul au milieu des ténèbres. Mais ça ne va pas durer. Dommage. Comme a leur habitude les démons vont venir: que
vont ils me faire vivre cette fois? Vont ils m'écarteler? Me couper les membres? Me forcer a boire du cyanure? Quelque chose du genre en tout cas. L'enfer existe, il est dans ma
tête.